L’agriculture en mission face au déficit fourrager

Nos régions vivent une période de sécheresse historique qui altère la croissance des graminées ...
L’agriculture en mission face au déficit fourrager

Nos régions vivent une période de sécheresse historique qui altère la croissance des graminées. A Pontenet, l’agriculteur Christophe Mornod multiplie les pistes pour limiter le manque de fourrage

Les plantes légumineuses, à l’instar des trèfles et des luzernes puisent profondément dans les sols l’eau dont elles ont besoin. Les plantes légumineuses, à l’instar des trèfles et des luzernes puisent profondément dans les sols l’eau dont elles ont besoin.

Les agriculteurs suisses ont des années lumières d’avance sur le reste du monde, estime Christophe Mornod, maître agriculteur à la ferme du Beurnez à Pontenet. Depuis des mois, la Suisse est fortement touchée par les températures élevées. Pourtant, Christophe Mornod pense que nos régions sont épargnées, en contraste avec d’autres pays. A Pontenet, l’homme de 34 ans possède 57 hectares cultivables et 28 vaches allaitantes. Cette année, les stocks sont réduits de 40% dans la ferme du Beurnez. Le Jura bernois, à titre d’exemple possède de petites structures cultivables. Il y est ainsi plus aisé de soigner les sols afin d’obtenir des rendements de qualité, analyse le fermier de Pontenet. Si les agriculteurs de nos régions font face à un déficit fourrager dû aux plantes graminées qui poussent moins bien qu’à l’accoutumée, des solutions existent pour limiter les dégâts, poursuit Christophe Mornod. Les plantes légumineuses, à l’instar des trèfles et des luzernes puisent profondément dans les sols l’eau dont elles ont besoin. Elles résistent ainsi mieux à la chaleur que les graminées, relate l’agriculteur d’origine fribourgeoise.

Les agriculteurs suisses devront toutefois abattre ou vendre du bétail si dans les années à venir les températures continuent à être aussi hautes. Combler ce déficit de fourrage en commandant simplement des stocks en France ou en Allemagne est compliqué. En revanche, il reste possible de garder des exploitations de qualité dans le Jura bernois, mais les fermiers devront changer leurs habitudes de travail et diminuer leurs surfaces de cultures, pronostique Christophe Mornod.

Certains agriculteurs commencent à implanter des céréales friandes des climats chauds comme le sorgho, qui provient du continent africain. Cependant, ces plantes sont pauvres nutritivement et ne sont donc pas une solution pour la Suisse, conclut Christophe Mornod.

L’agriculteur de la ferme du Beurnez à Pontenet fait partie du projet «  Terres vivantes  » de la Fondation rurale interjurassienne (FRI). Lancé en 2019, le plan de la Fondation vise à préserver la qualité des sols agricoles suisses, en plus de protéger les droits des paysans. /tch

Un champ de trèfles de la ferme du Beurnez à Pontenet. Un champ de trèfles de la ferme du Beurnez à Pontenet.


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