C’est une essence d’arbre plantée par nos ancêtres, à la base pour des essais. Le sapin Douglas démontre une capacité d’accroissement intéressante et une résistance bienvenue. On en trouve depuis environ 100 ans dans le massif Sous la Lampe, à Tramelan. C’est là que sera célébrée la Fête de la forêt cette fin de semaine, avec comme événement-phare la construction d’une tour de bois en 24 heures de vendredi à samedi. Le Douglas a évidemment été retenu comme matériau de base. C’est que ses qualités sont nombreuses, explique Jean-Marc Friedli, directeur de Valforêt : une croissance rapide, une taille supérieure aux autres conifères, un tronc régulier jusqu’à la cime et un bois de grande qualité. Cerise sur le gâteau, le Douglas résiste mieux à la sécheresse et n'est pas – encore ? – victime des attaques de bostryches. Ce n’est donc pas une surprise si des hommes ont décidé de le réintroduire en Europe en provenance des Etats-Unis, probablement au 19e siècle.
« Le Douglas était sans doute présent avant les glaciations »
Il n’empêche que le Douglas est décrié, notamment en France où des monocultures ont été mises en place. Dans dans le Limousin notamment, le Douglas est devenu la principale essence de reboisement, ce qui n’est pas toujours perçu positivement. Jean-Marc Friedli tempère ces polémiques. Elles n’ont pas lieu d’être dans notre région, où la gestion sylvicole se fait sur un modèle de diversification. Le Douglas ne représente en effet qu’un petit pourcentage des variétés présentes, même si certains spécialistes estiment qu’il pourrait à l’avenir constituer 10% des forêts suisses. A ce titre, d’autres arbres exotiques sont testés dans de véritables laboratoires à ciel ouvert. Cèdres du Liban ou sapins de Turquie présentent en effet des caractéristiques intéressantes dans la perspective du changement climatique. L’idée n’est pas de remplacer les essences indigènes, mais plutôt d’enrichir la forêt.
Notre série sur la fête de la forêt à Tramelan continue ce jeudi. Les projecteurs seront braqués sur les métiers forestiers, qui connaissent quelques soucis de relève. /oza
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