Bienne accueillait cette semaine en primeur une exposition itinérante de photos, de textes et de témoignages sur les troubles auditifs. Un handicap qui mérite qu'on s'y attarde, car encore trop souvent méconnu
C’est un handicap peu visible qui véhicule encore beaucoup de fausses croyances. Les troubles auditifs touchent de nombreuses personnes, à des degrés divers. De la malentendance à la surdité, une exposition de photos, de textes et de témoignages a été proposée toute la semaine au Centre Müller à Bienne. A l’origine du projet, une assistante sociale à Pro Infirmis Bienne-Jura bernois. Priscilla Calegari l’assure : parler de surdité est encore et toujours indispensable. « A titre d’exemple, on entend encore souvent des personnes parler de sourds-muets. Ce n’est pas une réalité. Une personne sourde n’est pas muette, ses cordes vocales ne sont pas touchées. Elle a des moyens de s’exprimer, de vocaliser, mais la tendance est à exclure ces gens des conversations », explique-t-elle. « Les mentalités doivent évoluer. »
« Le terme sourd-muet est péjoratif »
L'exposition présente sur de grands panneaux les témoignages de nombreux habitants de la région. Ces derniers y expliquent leur quotidien, leur mode de vie, aussi les obstacles qu'ils rencontrent dans leur vie sociale, professionnelle, scolaire ou culturelle. Priscilla Calegari a également souhaité montré les instruments actuels qui permettent aux sourds et malentendants de vivre le plus normalement possible. Des outils qui ne cessent de progresser même si des avancées doivent encore être réalisées dans de nombreux domaines. Elle illustre : « Dans les gares ou les transports publics, d’importantes annonces comme un changement de voie ou une annulation de train se font encore via les haut-parleurs. » Panneaux, applications pour smartphones ou signaux lumineux font partie des aides proposées au quotidien. Mais le chemin est encore long.
« Un implant cochléaire ne gomme pas le handicap »
L'exposition EarMe! est appelée à migrer dans d'autres villes romandes, notamment dans l'Arc jurassien. Des prises de contact ont déjà été effectuées. Traduite en allemand, elle pourrait aussi intéresser outre-Sarine. /oza









