Malgré le plan de sauvetage proposé par les syndicats et délégués du personnel, la direction londonienne de British American Tobacco a entériné la fermeture de l’usine qui sera délocalisée progressivement courant 2023
C’est la décision que tout le Jura redoutait depuis fin octobre et l’annonce d’un projet de délocalisation de l’usine BAT située à Boncourt. Le couperet est définitivement tombé ce mercredi, après un mois et demi de consultation et de négociations avec le personnel : la direction londonienne de British American Tobacco confirme la fermeture totale, à terme, du site de production jurassien. La délocalisation se fera progressivement au cours de l’année 2023.
Les propositions pour sauvegarder les emplois rejetées
Ces dernières semaines, les syndicats Unia et Syna ainsi que des représentants du personnel de BAT s’étaient pourtant mobilisés pour échafauder un plan de sauvetage et formuler des propositions à la direction afin de préserver au moins une partie des 220 emplois à Boncourt. Malgré une prolongation du délai de consultation, toutes les alternatives avancées par les partenaires sociaux ont été écartées par Londres. « Toutes les parties ont essayé de faire le maximum », a déclaré à RFJ Gilles Surdez, directeur du site de Boncourt. « On sait que ce n’est pas facile d’inverser ce genre de recommandation, mais il y a toujours un petit espoir. On a tout fait pour trouver des alternatives, tout en étant lucide : cette mission s’apparentait à une ascension du K2 ».
Gilles Surdez, directeur de l’usine de Boncourt : « Toutes les ressources ont été mises pour essayer de trouver des alternatives et éviter cette fermeture. »
Et maintenant !
L’usine de Boncourt ne fermera pas ses portes demain. Le transfert des activités sur d’autres sites européens de BAT prendra toute l’année 2023. « La production va diminuer progressivement », explique Gilles Surdez. Ainsi, les 220 employés du site ajoulot quitteront l’usine « par vagues, au fur à mesure que les volumes seront transférés dans d’autres sites de production. »
Gilles Surdez : « On va faire ça de manière à avoir une transition douce autant pour les employés que pour les sous-traitants. »
L'épilogue de deux siècles d'histoire industrielle
C'est le triste épilogue de plus de deux siècles d’histoire industrielle pour cette usine fondée en 1814 par la famille Burrus avant d’être vendue en 1996 au cigarettier Rothmans International puis revendue à BAT en 1999. Emblême économique du village de Boncourt, ce site suscitait un fort sentiment d'appartenance auprès de ses employés et de la population boncourtoise. Le retrait de BAT laisse augurer des répercussions économiques et fiscales importantes pour la commune de Boncourt, le canton du Jura et bon nombre d'entreprises périphériques.
Syndicats et représentants du personnel donnent actuellement une conférence de presse à Boncourt. Le Gouvernement jurassien ainsi que la commune de Boncourt s’exprimeront en soirée à Delémont. Développement suit. /jpi-clo








