Moutier : le nivellement des tombes en question

L'annonce du nivellement de deux secteurs du cimetière de Chalière a suscité une question orale ...
Moutier : le nivellement des tombes en question

L'annonce du nivellement de deux secteurs du cimetière de Chalière a suscité une question orale lundi au Conseil de ville de Moutier. Un élu s'est étonné de la suppression de certaines tombes pourtant entretenues 

Le nivellement des deux secteurs du cimetière de Chalière a été annoncé dans la feuille officielle du 21 juin. Le nivellement des deux secteurs du cimetière de Chalière a été annoncé dans la feuille officielle du 21 juin.

Une tombe n’est pas faite pour durer éternellement. Les cimetières de la région sont régis par des concessions d’une durée de 20 à 30 ans selon les communes. A Moutier, la pratique suscite des interrogations après l’annonce du nivellement de deux secteurs pour des décès survenus entre 1985 et 1989. Enzo Dell'Anna (RPJ) a porté lundi la problématique à la tribune du Conseil de ville. Avec cette première question : pourquoi niveler des tombes dont certaines, toujours entretenues, ont accueilli bien plus tard les cendres d’un autre défunt, un conjoint par exemple ? D'autant que, selon l'élu, la place ne manque pas au cimetière de Chalière. Enzo Dell'Anna souligne que plusieurs familles s'inquiètent de cette « hâte », voire s'en plaignent. « Une prolongation de délai n’est-elle pas possible ? Elle permettrait l’économie des frais engagés et accorderait aux familles un délai confortable pour se recueillir et entretenir le souvenir de leurs défunts », insiste-t-il.


Un règlement connu et justifié

Le président du Service des inhumations à Moutier comprend ces interrogations mais il rappelle le règlement. « A Moutier, une concession est octroyée pour une durée de 30 ans. Nous laissons même un délai supplémentaire d’environ 5 ans avant de niveler un secteur », explique Daniel Jabas. Et la règle ne change pas lorsque des cendres - il est interdit d'enterrer un second corps - viennent rejoindre une sépulture existante : « C’est la première inhumation qui fait foi. Ceci est expliqué aux familles par les services de pompes funèbres lors d’un décès. Elles doivent ainsi pouvoir opter pour une telle solution en toute connaissance de cause. » Daniel Jabas rappelle aussi que certains proches peinent à entretenir durant 30 ans la tombe d'un défunt. Dans ce cas de figure, ce sont les familles elles-mêmes qui, souvent, appellent de leur souhait un nivellement. « Elles veulent passer à autre chose. Cela peut aussi faire partie du processus de deuil. »

La dimension émotionnelle est évidemment prépondérante. Mais la réalité du terrain apporte une autre clé de lecture. En sillonnant les secteurs concernés, on s'aperçoit que plus de la moitié des tombes sont totalement abandonnées. Certaines ont même été envahies par la végétation. « Dans ce contexte, on ne peut pas se permettre d’accorder une prolongation pour certaines tombes seulement », justifie Daniel Jabas.


De nouvelles pratiques 

Le responsable insiste aussi sur un autre phénomène : actuellement, plus de 80% des corps sont incinérés. La moitié des cendres sont déposées au Jardin des souvenirs, tandis qu'une autre partie est disséminée dans la nature. « Ceci pour dire que les tombes classiques deviennent de plus en plus rares », ajoute-t-il.

Enfin, s'agissant de cette règle des concessions, Daniel Jabas précise une exception : celle du secteur dédié aux enfants. Un secteur peu étendu, plus sensible, où il a été décidé de maintenir les tombes sans limitation de temps. /oza



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