Le soleil était présent au Royal Arena, les spectateurs, moins. Le festival hip-hop d’Orpond s’est terminé samedi soir sur un bilan en-dessous des années précédentes. Un peu plus de 11'000 spectateurs ont pris part à cette 22e édition. « Nous ne sommes pas très contents de ce bilan », confie Lukas Hohl, co-organisateur du festival. « Ces prochaines semaines, il va falloir qu’on réfléchisse à ce qu’on doit changer et améliorer », ajoute-t-il. Pour lui toutefois, les nombreuses offres culturelles qui ont germé en Suisse expliquent du moins en partie cette situation.
Un défi s’est tout de même posé aux organisateurs : la chaleur. Omniprésente durant toute la manifestation, elle n’a heureusement pas joué de mauvais tours, selon Lukas Hohl qui précise que « beaucoup » de stations distribuant de l’eau ont été installées au préalable. Lui préfère d’ailleurs voir le bon côté de cette météo : « Mieux vaut trop de soleil que trop de pluie ».
Futur en péril ?
Si l’organisation a bien fonctionné cette année (aucune annulation de dernière minute comme en 2022), le Royal Arena ne fait toutefois pas que des heureux. Samedi, le Bieler Tagblatt se faisait l’écho d’une plainte déposée la veille par une association contre la manifestation. Le collectif, baptisé « IG Verträglisches Festival » a lancé une procédure en raison des nuisances qui incommodent chaque année habitants et animaux à Orpond et dans les environs. Ce n’est toutefois pas contre le bruit que la plainte est dirigée, mais contre l’emplacement de l’événement.
En effet, les opposants estiment que le camping du festival borde l’Aar, mais qu’en plus, le terrain dédié au Royal Arena se trouve dans une forêt et même dans une zone de reproduction d’amphibiens pourtant classée d’importance nationale, comme l’explique le journal. Aussi, s’il n’est normalement pas nécessaire de demander un permis de construire pour des infrastructures qui restent en place moins de trois mois, cette mesure devient obligatoire lorsque les constructions touchent à un cours d’eau, une forêt ou une réserve naturelle. Interrogé à ce sujet, Lukas Hohl ne mâche pas ses mots : « Nous [les organisateurs] trouvons très lâche d’envoyer cette plainte le jour du début du festival ». Le co-organisateur ne souhaite pas commenter la procédure sur le fond, mais regrette surtout la forme et notamment le fait que les auteurs aient souhaité rester anonymes. Lukas Hohl fustige aussi le fait de ne pas avoir de contact au préalable : « Nous parlons avec tout le monde. Nous avons grandi à Orpond et faisons beaucoup pour le village et la région », précise-t-il, ajoutant se sentir triste et énervé par cette procédure.
Le Royal Arena reviendra-t-il alors en 2024 pour la 23e fois ? « Nous aimons ce festival. Nous l’organisons depuis 2004 et nous aimons vraiment ce projet. Nous allons continuer avec le Royal Arena », assure le co-organisateur. /amo









