Plusieurs communes du Jura bernois n’ont pas trouvé assez de bénévoles pour continuer ce service. La rentrée s’effectuera donc sans patrouilleurs à Grandval et Sonvilier
Les patrouilleurs scolaires permettent de protéger les tout-jeunes sur le chemin de l’école en leur facilitant la traversée de la chaussée. Un service qui demande l’engagement de plusieurs bénévoles dans chaque commune. Des bénévoles de plus en plus difficiles à trouver. À Grandval, l'offre avait été mise sur pied en 2019, à la demande de parents qui craignaient pour la sécurité de leurs enfants le long de la route cantonale. Ce service ne reprendra toutefois pas pour cette nouvelle année scolaire, faute de volontaires. Les autorités communales en appellent maintenant au bon sens des citoyens. « Nous restons un petit village, si un parent amène son enfant à l’école, je pense que nous pouvons continuer à entraider et faire traverser les petits enfants des autres familles », souhaite Esther Oester, conseillère municipale responsable de l’enseignement et de la formation.
Esther Oester: « Je suis déçue, c’était bien pour nos enfants »
Même décision à Sonvilier
À Sonvilier, une patrouille scolaire existait depuis de nombreuses années grâce au dévouement de fidèles bénévoles, mais là aussi l’effectif n’est plus suffisant pour continuer. « Dans une école de 100 élèves, les parents et les grands-parents devraient être assez nombreux pour assurer ces patrouilles. Hélas, nous constatons une fois de plus que nous vivons dans une société très individualiste », regrette Diana Hug, responsable des patrouilles à Sonvilier. À préciser qu’il manque actuellement uniquement trois bénévoles pour permettre à cette patrouille de revivre.
Diana Hug: « On aurait dû trouver quatre personnes pour cette patrouille scolaire »
Réduction de l'offre à Valbirse
À Valbirse, l’ensemble du programme ne pourra plus être garanti dans la commune au vu du nombre limité de volontaires. La phase de test menée depuis janvier avec Prélude SA n’a pas donné satisfaction. L’entreprise offre des possibilités de réinsertion à des personnes en situation de handicap ou en difficultés sociales. « Pour certaines d'entre elles, cette responsabilité était angoissante, elle devait alors être accompagnée par des civilistes ou du personnel d’encadrement », détaille Pierre-Michel Raetzo, conseiller communal en charge des écoles et patron de l'entreprise basée à Malleray et Saint-Imier.
Pierre-Michel Raetzo: « On a vu que l’autonomie n’était pas suffisante pour certains »
Depuis le 1er janvier 2023, les mineurs ont l’interdiction d’officier en tant que patrouilleur scolaire dans le canton de Berne. Une mesure mise en place par la police cantonale suite à la recommandation du Bureau de prévention des accidents émise l’an dernier. Le BPA estimant que « les enfants peuvent être dépassés par la complexité de cette tâche lourde de responsabilités. » « Un système qui fonctionnait parfaitement bien a été arrêté pour des raisons procédurières », déplore Pierre-Michel Raetzo.
Pierre-Michel Raetzo: « Maintenant, il n’y a plus rien qui garantit la sécurité »
Cette interdiction aux mineurs a également provoqué l’arrêt du service de patrouille scolaire à Tavannes et à St-Imier depuis début 2023.
Nouvelle école, nouveau dispositif à Plateau de Diesse
Sur le Plateau de Diesse, l’ouverture de l’Ecole des Joncs à Prêles provoque l’instauration d’un service d’accompagnement pour enfants assuré par des membres de la commission d’école, des parents, des citoyens et des membres du corps enseignant. « Ces personnes accompagneront les élèves de l’arrêt de bus, situé à l'ancienne école, jusqu’à la nouvelle école des Joncs », détaille Catherine Favre Alves, maire de la commune et présidente de la commission scolaire du Plateau de Diesse. Par ailleurs, deux radars pédagogiques ont été installés sur le tronçon afin de sensibiliser les automobilistes.
Catherine Favre Alves: « Ce n’est pas un pedibus mais un accompagnement organisé »
Notons que des patrouilleurs scolaires sont toujours en place à Tramelan, Villeret et à Moutier. Dans la cité prévôtoise, les chemins menant à l’école du Clos et celle de Chantemerle sont sécurisés par une dizaine de patrouilleurs recevant en échange un abonnement à la piscine. À Tramelan, les patrouilleurs sont eux rémunérés. Ils reçoivent 25 francs par heure de la part de la Commune. Dix francs par patrouille de 20 minutes à Villeret, là aussi versés par la Municipalité. /lvi









