Les cantons de Berne et de Zurich lancent un projet pilote visant à prévenir les effets néfastes de la détention provisoire en vue d'une réinsertion « aussi réussie que possible ». Le projet est soutenu par l'Office fédéral de la justice.
Berne et Zurich veulent expérimenter « la détention provisoire de demain ». Les deux cantons lancent ainsi un projet pilote, soutenu par l’Office fédéral de la justice, visant à prévenir les effets néfastes d’une telle détention en vue « d’une réinsertion réussie bénéfique pour tout le monde : pour la personne qui a été placée en détention provisoire, pour ses proches et pour la société dans son ensemble », soulignent jeudi les autorités concernées dans un communiqué commun.
Le projet pilote doit permettre à des spécialistes de déterminer comment la détention provisoire peut être axée de manière encore plus systématique sur la prévention des effets néfastes de l'incarcération. Le projet dure jusqu'en 2027 et bénéficie d'un accompagnement scientifique.
Ressources, logement et relations
« Notre but est d'aider les personnes en détention à maintenir leurs ressources, leur logement ou leurs relations, afin de les mettre dans de meilleures conditions en vue de leur future réinsertion », a indiqué la conseillère d'Etat zurichoise Jacqueline Fehr, directrice de la justice et de l'intérieur, citée dans le communiqué.
« Dans le cadre de cet essai pilote, nous étudions ce qu'il faut mettre en place pour qu'un maximum de personnes conservent leurs ressources personnelles afin qu'il ne faille pas les restaurer par la suite, après la libération ou lors de l'exécution judiciaire », précise le président du gouvernement bernois en charge de la sécurité Philippe Müller.
Les personnes en détention préventive bénéficient de la présomption d'innocence, car elles n'ont pas encore été condamnées par un tribunal. Elles sont néanmoins placées dans un environnement "très restrictif qui limite fortement leurs possibilités de contact et d'activité", soulignent les deux cantons.
Six champs d'action
Le projet pilote comprend six champs d'action : le placement en détention provisoire et les mesures immédiates qui l'accompagnent, la gestion des cas, le travail avec les proches, la gestion de la transition, les mesures du stress et des problèmes, ainsi que le programme de formation et d'entraînement des membres du personnel. La formation du personnel se déroulera dans la prison de Meilen (ZH).
L'Office fédéral de la justice accompagne ce projet pilote. Les mesures jugées efficaces devront être transposables à d'autres cantons. Une équipe de recherche de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et de l'Université de Zurich assure l'évaluation scientifique du projet. /ATS









