La voix de Blaise Margraitner s'est éteinte

Journaliste intègre, ancien rédacteur en chef de la fréquence romande de Canal 3, Blaise Margraitner ...
La voix de Blaise Margraitner s'est éteinte

Journaliste intègre, ancien rédacteur en chef de la fréquence romande de Canal 3, Blaise Margraitner nous a quittés récemment, à l’âge de 69 ans

Blaise Margraitner s'est éteint à l'âge de 69 ans. (photo : archives) Blaise Margraitner s'est éteint à l'âge de 69 ans. (photo : archives)

L'ancien rédacteur en chef de la fréquence romande de Canal 3, Blaise Margraitner est décédé. C’est avec une émotion toute particulière que la nouvelle de son décès a circulé parmi les «anciens» de la radio locale biennoise, auxquels il laisse le souvenir d’un confrère exemplaire à plus d’un titre, mais aussi profondément marqué par des sorts contraires.

Blaise est entré à Canal 3 en 1986, pour apprendre et pratiquer avec passion son métier de journaliste. Dans ce média, la polyvalence était, à l’époque, à la fois une richesse et une nécessité. Elle incluait des compétences variées, comme savoir gérer la table de mixage autant que détartrer la machine à café. Blaise abordait (presque) tout avec le même flegme doux, un peu ironique, mais un peu trompeur: «Maître de stage exigeant, droit, mordant, il m’a formidablement bien mis le pied à l’étrier», se souvient l’une de ses stagiaires. C’était avant tout un observateur perspicace de la vie locale, et un intervieweur incisif, mais sans virulence. Sa ville et la politique biennoise, qu’il suivait de près, ne le détournaient pas pour autant de la marche du monde, à laquelle il s’est toujours intéressé.

Nommé rédacteur en chef de la fréquence romande de Canal 3 en 1991 au départ du «pionnier» Michel Guillaume, Blaise Margraitner a dû, comme son prédécesseur, se battre sans relâche pour le bilinguisme de la station, donc l’existence sans cesse menacée de sa part francophone. 

Licencié pour « raisons économiques »

Il a finalement été licencié par une nouvelle équipe dirigeante, en 2004, pour «raisons économiques». Il avait 50 ans. Retrouver, à cet âge, un emploi équivalent était mission impossible. Et quand il a brièvement pu réintégrer Canal 3, en 2009, le cœur n’y était plus, ni l’esprit initial de la station, ni son fonctionnement avec ses stimulantes séances de rédaction quotidiennes. D’autre part, la santé de Blaise s’était déjà détériorée.

«Perdre mon statut social, pas celui de chef mais celui de journaliste au cœur de l’actualité dans une ville que j’aime, a été très douloureux», confiait-il quelques années plus tard à un confrère. La dépression l’avait terrassé, mais il vivait là une courte embellie, avant d’être emporté par une maladie dégénérative. Il laisse derrière lui trois enfants – Camille, Loïc, Chloé – et des petits enfants qu’il chérissait, ainsi que ses sœurs, la comédienne Christiane Margraitner et Isabelle. /fb-nh



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