L’atelier socio-professionnel biennois emploie plus d’une trentaine de personnes en situation de handicap. Pour évoquer ces quatre décennies d’activité, sa nouvelle directrice revient sur les défis passés et futurs auxquels la fondation doit faire face
40 ans et encore des défis pour L’étrive. L’atelier socio-professionnel biennois célèbre cette année ses quatre décennies d’existence. Fondé en 1983 par Omega, il est né en plein contexte de la crise horlogère. Au fil des années, L’étrive s’est diversifié en « s’adaptant en permanence aux besoins des clients, explique la directrice Aurelia Di Lenardo, récemment nommée à ce poste. Aujourd’hui, nous sommes spécialisés dans le conditionnement horloger, mais nous proposons aussi différents autres services ». En 2023, l’industrie des garde-temps se porte plutôt bien en Suisse, et c’est le cas de L’étrive aussi, rassure Aurelia Di Lenardo.
Aurelia Di Lenardo : « On a de beaux projets et de belles perspectives pour l’année prochaine »
L’humain avant tout
Si la performance économique de L’étrive est nécessaire, sa mission humaine est peut-être encore plus importante. A l’heure actuelle, l’atelier socio-professionnel emploie plus d’une trentaine de personnes en situation de handicap. Des conditions sont donc mises en place pour permettre à chaque employé d’évoluer dans un cadre adapté. Néanmoins, réussir à allier cet aspect avec les exigences de production du monde horloger est un vrai défi en soi, reconnaît Aurelia Di Lenardo.
Aurelia Di Lenardo : « On va axer vraiment sur la qualité, davantage que sur la rapidité et la productivité de cette personne »
Olivier Maurer est le responsable pédagogique de L’étrive. C’est lui qui doit notamment réfléchir aux solutions à apporter pour permettre à chaque employé de trouver sa place. Il doit parfois rivaliser d’ingéniosité pour réussir à développer une solution adaptée : « On a eu affaire à des gens qui avaient par exemple un problème d’hémiplégie. On va alors créer des gabarits, explique-t-il. Ceci dans le but que les personnes aient une pince supplémentaire ou un support, un appui et qu’elles puissent donner plus de force avec l’autre main ».
Olivier Maurer : « On essaie d’être le plus individuel possible sur des places relativement standard »
Prochain défi : l’environnement
L’étrive a pris place dans ses nouveaux locaux du chemin des Grillons en 2020. Pour rappel, la Ville de Bienne voulait se servir de cette ancienne usine pour y ouvrir une école. Mais les autorités ont été contredites par le Conseil de ville. Ce bâtiment est donc finalement revenu à la fondation pour y développer ses activités. Si Aurelia Di Lenardo apprécie ce cadre et la place qu’il offre, elle reconnaît que des améliorations pourraient y être apportées : « Il y a encore beaucoup de choses à optimiser, explique la directrice. Il faut vraiment réaliser une analyse énergétique et de consommation de notre énergie ». Aurelia Di Lenardo évoque, par exemple, la pose éventuelle de panneaux photovoltaïques sur le toit du bâtiment « qui s’y prête bien ».
Dans le domaine environnemental toujours, un autre défi guette L’étrive : celui de l’utilisation du plastique à usage unique qui devrait être réduite à l’avenir, selon la directrice.
Aurelia Di Lenardo « Un jour, il faudra qu’on propose d’autres solutions à nos clients pour réduire cette consommation de plastique »
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