Procès à Bienne d'un homme accusé de l'assassinat de son épouse

Un ressortissant afghan répond depuis lundi devant le tribunal à Bienne de l'assassinat, éventuellement ...
Procès à Bienne d'un homme accusé de l'assassinat de son épouse

Procès à Bienne d'un homme accusé de l'assassinat de son épouse

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Un ressortissant afghan répond depuis lundi devant le tribunal à Bienne de l'assassinat, éventuellement du meurtre, de son épouse. Ce quadragénaire est accusé d'avoir poignardé par jalousie sa femme dans un hébergement pour requérants d'asile à Büren an der Aare.

La victime âgée de 38 ans, également de nationalité afghane, a été poignardée en avril 2022 dans la chambre familiale en présence des cinq enfants du couple. Plusieurs pensionnaires du centre ont tenté de porter secours à la mère après avoir entendu des cris. L'autopsie a révélé qu'elle avait reçu plus de 160 coups de couteau.

Le prévenu s'était grièvement blessé aux mains en assénant les coups de couteau, ses mains glissant le long du manche et de la lame. Ce n'est que lorsqu'il n'a plus été en mesure de tenir le couteau en raison de ses propres blessures qu'il a arrêté de frapper, selon l'acte d'accusation.

Pour le Ministère public, l'accusé a tué son épouse pour le simple fait qu'elle lui avait dit à plusieurs reprises vouloir demander une séparation. "L'homme a agi de manière froide et sans états d'âme, attaquant et poignardant son épouse par surprise", écrit le procureur dans l'acte d'accusation.

L'accusé conteste les coups

"Tout le monde ment, ce n'est pas la vérité", a répondu l'accusé à la présidente du tribunal. S'exprimant en dari, il a nié avoir donné des coups de couteau. Il a affirmé qu'il y avait une autre personne que sa femme et ses enfants dans la chambre. Durant l'instruction, il avait donné d'autres versions des faits.

"J'ai perdu ma femme et je me demande pourquoi je suis vivant", a déclaré le prévenu qui remet aussi en cause les déclarations de trois de ses enfants le mettant directement en cause. Il a affirmé en pleurs avoir été malade et n'avoir pas reconnu l'agresseur qui visait sa femme.

Témoignage à charge

L'un des pensionnaires de l'hébergement pour requérants d'asile cité comme témoin a déclaré avoir vu l'accusé en train de poignarder sa propre femme. "J'ai entendu un enfant dire 'papa ne fais pas ça'", a affirmé cet homme, ajoutant avoir vu l'accusé s'acharner sur son épouse. Une version confirmée par deux autres témoins.

Les enfants associent leur père à la violence et ils risquent de se faire du mal pour rejoindre leur mère, a expliqué la curatrice au tribunal. "Ils ont peur de leur père", a-t-elle ajouté en relevant qu'ils redoutent sa libération. Le verdict est attendu mercredi.

La famille avait fui l'Afghanistan et était arrivée en Grèce en 2019. Elle avait ensuite gagné la Suisse pour y demander l'asile, mais avait reçu une décision négative.

/ATS

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus