Un ressortissant afghan répond depuis lundi devant le tribunal régional à Bienne de l'assassinat de son épouse. Il est accusé d'avoir poignardé sa femme par jalousie et pour l'empêcher de le quitter. Le procureur a requis une peine de 20 ans de réclusion et une expulsion de la Suisse pour une durée de 15 ans.
Rappel des faits
L'homicide a eu lieu dans un hébergement pour requérants d'asile à Büren an der Aare (BE) en 2022. La victime âgée de 38 ans, également de nationalité afghane, a été poignardée dans la chambre familiale en présence des cinq enfants du couple. Plusieurs pensionnaires du centre ont tenté de porter secours à la mère après avoir entendu des cris. L'autopsie a dénombré sur la victime 165 coups de couteau à pain. Le prévenu s'était grièvement blessé aux mains en assénant les coups de couteau, ses mains glissant le long du manche et de la lame. Ce n'est que lorsqu'il n'a plus été en mesure de tenir l'arme en raison de ses propres blessures qu'il a arrêté de frapper, selon l'acte d'accusation.
Lourde peine requise
« Le ministère public a la certitude que le prévenu est bien le seul auteur de tous les coups de couteau infligés à la victime », a lancé d'emblée le procureur David Lambert. Le magistrat a souligné la présence de trois témoins indirects de l'homicide, mais aussi les déclarations des enfants présents au moment des faits. Pour le Ministère public, l'accusé a tué son épouse pour le simple fait qu'elle lui avait dit à plusieurs reprises vouloir demander une séparation. Qualifiant le crime d'abject et de sauvage, le procureur a retenu l'assassinat et a ainsi écarté le crime passionnel, réclamant une peine privative de liberté de 20 ans.
L'accusé conteste les coups
« Tout le monde ment, ce n'est pas la vérité », a répondu l'accusé à la présidente du tribunal. S'exprimant en dari, il a nié avoir donné des coups de couteau. Il a affirmé qu'il y avait une autre personne que sa femme et ses enfants dans la chambre. Durant l'instruction, il avait donné d'autres versions des faits. « J'ai perdu ma femme et je me demande pourquoi je suis vivant », a déclaré le prévenu qui remet aussi en cause les déclarations de trois de ses enfants le mettant directement en cause. Il a affirmé en pleurs avoir été malade et n'avoir pas reconnu l'agresseur qui visait sa femme.
Acquittement demandé
L'avocat de la défense a conclu à l'acquittement. Il estime que son client se trouvait en état de légitime défense dans son sommeil sans pouvoir identifier la personne contre qui il se défendait dans la nuit et qui était en fait son épouse. « Mon client se trouvait dans une bouffée délirante et dans un état de sidération », a expliqué Daniel Jeanguenin.
Témoignage à charge
L'un des pensionnaires de l'hébergement pour requérants d'asile cité comme témoin a déclaré avoir vu l'accusé en train de poignarder sa propre femme. « J'ai entendu un enfant dire 'papa ne fais pas ça », a affirmé cet homme, ajoutant avoir vu l'accusé s'acharner sur son épouse. Une version confirmée par deux autres témoins. Les enfants associent leur père à la violence et ils risquent de se faire du mal pour rejoindre leur mère, a expliqué la curatrice au tribunal. « Ils ont peur de leur père », a-t-elle ajouté en relevant qu'ils redoutent sa libération. Le verdict est attendu mercredi. /ATS









