Le « Dry January » fait son retour pour la quatrième année en Suisse. Ce défi sans alcool est la version suisse d’une campagne de santé publique initiée au Royaume-Uni mise en 2013. Cette année une version moins contraignante est apparue : le « Damp January »
Après les Fêtes, questionner son lien à l’alcool et sortir de l’injonction sociale du lever de coude, c’est le but du Dry January, traduit par janvier sec. Inspirée d’une campagne de santé publique au Royaume-Uni, la quatrième édition cette année mise encore une fois sur cette prise de recul collective quant à notre consommation d’alcool. L’action Dry January est co-organisée par la Croix Bleue et le Groupement Romand d’Etudes des Addictions (GREA) notamment. Cette année, une version moins contraignante a fait son apparition : le « Damp January » qui signifie janvier humide, prônant la réduction de la consommation plutôt que l'abstinence radicale, chacun négociant avec soi-même sa propre définition de ce qui est humide, en s'autorisant quelques verres. Le but reste le même : questionner son rapport à l’alcool et au passage soulager son foie, sans pour autant revêtir la pression de la réussite d’un tel défi, qui pourrait décourager.
Sobre = rabat-joie ?
L’action Dry January, si elle est colorée d’un petit effet de mode, est aussi l’occasion de profiter de l’élan collectif et de se protéger un peu de la subtile stigmatisation de l’abstinent. « En participant à cette action commune, on se départit du fait de trouver des raisons ou des justifications pour dire qu’on ne veut pas boire d’alcool », souligne Célestine Perissinotto, responsable du Projet Dry January pour la Suisse romande au GREA.
« Dire non à un verre, c’est presque refuser une poignée de main »
Dans l’absolu, chacun est libre. Mais à certaines occasions, être sobre s’apparente à une légère austérité. «Quelqu’un m’a dit un jour une phrase que je trouve très juste : « dire non à un verre, c’est presque refuser une poignée de main », se souvient la responsable.
Dès lors, boire de l’alcool s’inscrirait presque dans une dynamique de politesse. Ceux qui s’abstiennent feraient-ils un imperceptible affront à ceux qui boivent un verre, en leur tendant le miroir de leur propre lien à l’alcool ? « Avec cette action collective de prévention, le but est de normaliser la non-consommation et de gommer la stigmatisation des personnes qui décident de ne pas boire d’alcool, précise Célestine Perissinotto. Il faut faire de la place à une conscientisation individuelle et collective, grâce à ce genre d’actions, mais aussi à plusieurs autres niveaux, notamment à l’école ». /jse









