Le canton de Berne a instauré depuis début janvier un nouveau système de soutien aux personnes en situation de handicap. Un avantage pour les bénéficiaires mais une charge supplémentaire pour les curateurs, déjà sous l’eau
Un changement légal qui pèse sur les curateurs mais qui améliore la vie de ses bénéficiaires. La nouvelle loi sur les prestations de soutien aux personnes en situation de handicap (LPHand) est en place depuis le début de l’année. Si les bénéficiaires peuvent notamment choisir entre une prise en charge institutionnelle ou à domicile, l’ordonnance liée à cette nouvelle loi implique une charge supplémentaire pour les curateurs déjà sous l’eau. Pour le responsable du Département de la protection de l’enfant et de l’adulte de la Ville de Bienne Bruno Bianchet, cette situation est un changement de paradigme.
Bruno Bianchet : « Le canton de Berne ne finance désormais plus les structures : il finance les individus »
L'amélioration est certes significative pour les bénéficiaires, mais elle a un impact sur le travail des curateurs. Avant ce changement, la situation était d’ailleurs déjà tendue. Alors que les professionnels devraient généralement s’occuper de 60 cas par année, ils doivent en gérer entre 70 et 80 par personne. En plus du travail administratif et de la gestion des comptes, les curateurs biennois doivent aussi s’occuper des déclarations d’impôts des bénéficiaires. Seuls des cas très spécifiques impliquent un mandat d’une fiduciaire. Sans les ressources nécessaires, les personnes prises en charge seront aussi perdantes, d’après Bruno Bianchet.
Bruno Bianchet : « Un curateur a la tâche d’accompagner la personne et pas d’être derrière son pupitre à remplir des déclarations d’impôts »
Le responsable du Département de la protection de l’enfant et de l’adulte de la Ville de Bienne rappelle que la tâche des curateurs devient de plus en plus importante. Pourtant, la rémunération du canton de Berne ne change pas. Le forfait que le département reçoit pour traiter les différents cas ne couvre pas les coûts. Le point central de la nouvelle loi consiste à laisser le choix aux personnes avec un handicap, mais si les curateurs n’ont pas assez de temps à disposition, ce choix disparaît.
Bruno Bianchet souhaiterait ainsi plus de ressources financières pour pouvoir engager et ainsi réduire la charge de travail du personnel. /ehe









