Les restaurants peinent à recruter des serveurs

Professionnels et formateurs constatent une diminution du nombre de serveurs et d’apprentis ...
Les restaurants peinent à recruter des serveurs

Professionnels et formateurs constatent une diminution du nombre de serveurs et d’apprentis. Une tendance qui s’est accentuée après la pandémie de COVID et qui pousse la branche à s’adapter

En l'espace de dix ans, le nombre d'élèves en formation service à table du CEFF de Moutier a chuté d'environ dix élèves par année, à deux. Les restaurants pâtissent aussi de cette tendance avec des périodes de recrutement compliquées. (Photo : libre de droit) En l'espace de dix ans, le nombre d'élèves en formation service à table du CEFF de Moutier a chuté d'environ dix élèves par année, à deux. Les restaurants pâtissent aussi de cette tendance avec des périodes de recrutement compliquées. (Photo : libre de droit)

Restaurant cherche serveur. Vous l’avez peut-être vu lors de votre dernier dîner ou en regardant les petites annonces, les restaurants peinent à recruter des employés pour le service. Ce constat touche toutes les catégories d’établissements de la région, qu’ils soient étoilés ou non. A Sonceboz, l’Hôtel-Restaurant du Cerf est étoilé au Guide Michelin mais il n’échappe pas à la tendance, « par périodes on a des difficultés à fidéliser notre personnel », déclare Jean-Marc Soldati, chef de l’établissement et vice-président de GastroBern. Avec sa double casquette il analyse la situation et constate que le phénomène « s’est accru après le COVID ». Force est de constater que le travail en coupures et durant les week-ends ne séduit plus. Les serveurs semblent avoir trouvé un nouvel équilibre ailleurs, souligne le chef, « beaucoup sont partis dans des institutions, des cantines d’entreprises et dans des homes. Avec ce système ils sont libres le soir et les week-ends ».

Jean-Marc Soldati : « ça n’a pas été facile en début d’automne, on a manqué de personnel »

Du côté de l’apprentissage le bilan est similaire. On manque d’élèves en formation de service à table. Sophie Goffinet est enseignante pour les métiers de spécialistes en restauration au CEFF artisanat de Moutier. En dix ans elle a vu le nombre d’inscrits chuter, « certaines années j’avais entre sept et dix élèves, aujourd’hui c’est entre deux et trois », constate-t-elle. Tout comme Jean-Marc Soldati, l’enseignante pense que le COVID a empiré la situation. Les employés souhaitent avant tout retrouver des horaires proches de la norme avec des jours de congés et du repos le week-end.

Sophie Goffinet : « Maintenant les gens sont plus intéressés par les horaires que par le salaire »

La situation reste donc compliquée pour les restaurateurs et centres de formation. L’association GastroBern évoque souvent le problème en séances « mais il n’y pas de discussions approfondies par rapport au sujet », confie Jean-Marc Soldati. Pas de quoi se réjouir pour l’avenir, même si Sophie Goffinet reste confiante, « il faut valoriser le métier et trouver un arrangement d’horaires qui peut fonctionner ». Les deux professionnels l’affirment, ce métier reste toutefois passionnant et enrichissant, avec de nombreux débouchés car « les spécialistes en restauration ne sont pas simplement des porteurs d’assiettes, ils ont appris un vrai métier », insiste Sophie Goffinet. /vfe


 

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