Impatiences face aux temps d’attente, patients sous l’emprise de stupéfiants ou d’alcool, ou atteints de troubles psychiatriques : le personnel hospitalier bernois est confronté à de plus en plus de violence physique, verbale et sexuelle
« Les cas de violence physique, verbale et sexuelle n'ont cessé d'augmenter ces dernières années ». C’est ce que rapporte le porte-parole de l’hôpital de l’Île Didier Plaschy dans la Berner Zeitung. En 2018, le service de sécurité de l'établissement a été alerté 1’200 fois, en 2023, ce chiffre s'élève à 2'200 fois. Ce constat est aussi observé en cité seelandaise. Le directeur du Centre hospitalier de Bienne, Kristian Schneider, nous confirme que ces violences sont en constante augmentation. Ces incidents sont souvent dus à des impatiences face au temps d’attente, mais aussi à des maladies psychiques, de la démence et des problèmes linguistiques.
Le Centre hospitalier de Bienne dispose d’un service de sécurité. Les employés sont aussi formés aux cas de violences et peuvent s’adresser à des professionnels de la santé si besoin. Une campagne « zéro tolérance pour la violence » est par ailleurs en préparation.
Kristian Schneider : « Les gens sont très vite agressifs, on a besoin de plus en plus de compétences de désescalade »
Le responsable des soins des urgences à la clinique des Tilleuls constate, lui aussi, une augmentation des violences dans son service depuis quelques années. Mais Rui Ferreira se dit chanceux : « Ce sont essentiellement des violences verbales, et non physiques ». L’établissement biennois serait-il protégé des autres types de violences, étant privé ? « Je ne sais pas vous dire si c’est le cas, mais peut-être que comme on est un hôpital privé, on a moins de patients qui présentent des troubles psychiques ou qui sont intoxiqués avec de l’alcool ou de la drogue », répond le responsable des soins des urgences.
Pour contrer les violences, le service des urgences de la clinique des Tilleuls possède des caméras dans les boxes des patients. Des formations permettent aussi d’aider le personnel à gérer les conflits.
Rui Ferreira : « On a un plan à long terme de gestion de crise »
Le Réseau de l'Arc confie d'ailleurs être aussi davantage confronté à des cas de violences verbales que physiques. Celle-ci n’est pas liée au manque de compétences des soignants mais plutôt à des situations qui ne sont pas suffisamment expliquées aux patients, comme la raison et la durée du temps d’attente, précise l'institution.
À l’hôpital de l’Île de Berne, le service des urgences représente 90 pour cent des cas. Les incidents augmentent dans les mêmes proportions que le nombre de patients. Ils se concentrent souvent les week-ends et les jours fériés, lorsque le nombre de patients est particulièrement élevé. /ehe









