Un salaire minimum pourrait voir le jour à Bienne. Les parlementaires biennois ont accepté à une large majorité une motion de la gauche. Elle demande l’édiction d’une loi au niveau du Règlement de la Ville pour fixer un salaire minimum sur le territoire communal
Fixer un salaire minimum au niveau communal, la manoeuvre est relativement pionnière en Suisse. Pourtant, la majorité du Parlement biennois a dit oui jeudi soir, à 30 voix contre 16 et 2 abstentions. La motion est portée par la gauche et demande « Pour que toutes les Biennoises et tous les Biennois puissent vivre de leur salaire ». Le texte propose de fixer un salaire minimum à 23 francs de l’heure dans toutes les entreprises biennoises. Selon les motionnaires, des exceptions devraient aussi être définies, par exemple pour les personnes en apprentissage ou pour les membres d’une famille travaillant dans l’entreprise familiale. Une instance devra également veiller au respect du salaire minimal en effectuant des contrôles. Selon la conseillère de ville socialiste Anna Tanner, Bienne aurait réellement besoin d'une telle mesure.
Anna Tanner : « la question des bas salaires touche particulièrement Bienne »
Une idée utopique ?
Selon l’exemple de nos voisins Suisses-alémaniques, le projet est réaliste. L’expertise des villes de Zurich, Kloten et Winterthour du 26 mars 2021 (réalisée par les professeurs Felix Uhlmann et Beat Stalder, et Martin Wilhelm sur la validité des initiatives populaires intitulées « ein Lohn zum Leben »), arrive à la conclusion que l’introduction d’un salaire minimal communal est admissible. Le Conseil de ville soutient la démarche, en soulevant néanmoins les nombreuses questions qui restent à évaluer, selon Erich Fehr, maire de Bienne.
Erich Fehr : « Beaucoup de questions se posent encore »
L’analyse à laquelle procédera le Conseil municipal permettra de déterminer si le projet, réalisé dans les trois villes suisses-alémaniques, peut aussi être validé à la lumière de la législation cantonale bernoise. /jse









