Méthamphétamine: une seconde chance pour 23 consommateurs

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Méthamphétamine: une seconde chance pour 23 consommateurs

Le Canton de Neuchâtel offre la possibilité à 23 consommateurs de méthamphétamine d'échapper à des poursuites pénales pour autant qu'ils se soumettent à un suivi. Bilan à mi-parcours de ce test qui doit durer deux ans

  Les pilules thaïes sont l'une des formes que peut prendre la méthamphétamine. (Photo: Ecole des sciences criminelles de l'Université de Lausanne).

S’attaquer différemment au trafic de méthamphétamine dans le canton de Neuchâtel. Vingt-trois personnes bénéficient d’un programme lancé au début de l’année 2017 qui permet à des nouveaux consommateurs d’éviter des poursuites pénales. En contrepartie, ceux qui adhèrent à ce test sont appelés à suivre quatre séances organisées par Neuchâtel Addictions visant à les faire réfléchir à leur dépendance et au moyen de s’en sortir. La méthamphétamine compte une dose élevée de dopamine, la molécule du plaisir, qui rend cette drogue particulièrement addictive.

L’an passé, 200 consommateurs de méthamphétamine ont été mis au jour et 23 d’entre eux, dont 4 mineurs, se sont donc engagés dans ce programme test. Le chef de la Police judiciaire neuchâteloise, Sami Hafsi, indique que trois consommateurs sur quatre ont suivi ces séances. En général, les participants se dirigent « vers une diminution voire vers un arrêt de leur consommation », ajoute Sami Hafsi.

Le programme test sur la méthamphétamine se poursuit jusqu’à la fin de l’année. Le bilan qui sera alors tiré déterminera quelle suite y donner, s’il est par exemple judicieux de l’étendre à d’autres types de drogue. Pour l’heure, tout reste ouvert, explique le chef de la Police judiciaire.

Globalement, Neuchâtel compte 1'000 consommateurs de méthamphétamine, selon les dernières statistiques. Le canton apparaît comme le plus exposé de Suisse à cette drogue, comme le rappelait le quotidien Le Temps fin janvier. La consommation de méthamphétamine reste plus faible que celle de cannabis, d’héroïne et de cocaïne.

Ses effets sont toutefois particulièrement dévastateurs. Le consommateur a de fortes chances de sombrer dans la dépression et de songer au suicide.

 

Méthamphétamine et vols de vélos

Le coût de la méthamphétamine pousse aussi souvent ses adeptes dans la criminalité. Une consommation standard oscille entre 0,1 et 0,3 gramme par jour. Le coût de 0,1 gramme avoisine les 40 à 50 francs. Sami Hafsi évalue ainsi des frais mensuels qui oscillent entre 1'000 et 10’000 francs selon les consommateurs.

Sami Hafsi, le chef de la Police judiciaire neuchâteloise Sami Hafsi, le chef de la Police judiciaire neuchâteloise.

Une grande quantité de vols de vélos est ainsi à mettre directement en lien avec ce trafic, explique le chef de la Police judiciaire, les adeptes de méthamphétamine utilisant le butin comme source de financement de leur consommation.

Les accros à la méthamphétamine sont aussi plus difficiles à déceler que les consommateurs d’autres drogues. Les pilules thaïes et le crystal, qui sont les deux formes que prend la méth, sont principalement consommés en appartement, dans des fêtes privées par exemple. « Il n’y a pas de scène ouverte », explique Sami Hafsi. La Police neuchâteloise, avec l’aide des polices de proximité, mène ainsi des enquêtes de fond pour dénicher les jeunes consommateurs propices à participer au programme mis sur pied.

Se sortir d’une addiction à la méthamphétamine est d’autant plus difficile qu’il n’y a pas de produit de substitution qui permettrait au corps de s’habituer au manque de manière moins brutale, à l’image de la méthadone pour l’héroïne. Le Canton de Neuchâtel dira dans une année si l’incitation à s’en sortir est une méthode plus efficace que la répression pour aider les consommateurs à se dégager de l’emprise de la méth et à se reconstruire. /sbe


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