En Suisse, près de soixante espèces de plantes néophytes envahissantes sont recensées. Onze sont considérées aujourd’hui comme prioritaires dans la région du Parc Chasseral
Les plantes néophytes envahissantes sont de plus en plus nombreuses dans la région. « Elles n’ont pas d’espèces concurrentes et la plupart sont aussi favorisées par le réchauffement climatique », explique Romain Fürst, biologiste au Parc Chasseral. Pour le spécialiste, leur propagation est d'autant plus importante qu'elles ne possèdent ni ravageurs ni espèces concurrentes. Tous les éléments sont réunis pour favoriser leur propagation, estime Romain Fürst.
Le Parc Chasseral accompagne les communes dans leurs efforts, parfois conséquents, contre l’extension de ces plantes néophytes envahissantes. À Sonvilier par exemple, il épaule la Bourgeoisie depuis cinq ans pour tenter d'éliminer un foyer de Renouée du Japon, un végétal qui se montre particulièrement coriace. « Nous en arrachons au minimum trois fois par année depuis cinq ans, nous constatons une nette diminution mais elle est toujours bien là », déplore Romain Fürst.
Ces plantes néophytes envahissantes représentent notamment un risque pour la biodiversité et peuvent dérègler les écosystèmes. « Il existe aussi un risque structurel de déstabilisation. Par exemple, la Renouée du Japon se trouve parfois dans les berges de cours d’eau et prend toute la place. L’enlever ensuite peut déstabiliser le tout », détaille Romain Fürst.
Il existe aussi un risque pour la santé humaine avec certaines espèces. Dans la région, la berce du Caucase avait beaucoup fait parler au printemps 2020. La commune de Cortébert avait mis en garde la population. Cette espèce est toxique. Un contact avec la berce du Caucase suivie d’une exposition au soleil peut provoquer de graves brûlures. « La berce du Caucase se propage principalement le long de la Suze. Les foyers sont en diminution mais elle reste présente et continue de poser des problèmes », précise Romain Fürst.
L’Ambroisie à feuille d’armoise peut, elle, provoquer des allergies mais cette espèce-là reste bien contrôlée dans la région.
On précisera que plusieurs plantes indigènes peuvent évidemment aussi poser des problèmes, notamment dans l’agriculture. Comme le Séneçon jacobée, le chardon ou encore le rumex. /lvi
Liste des 11 plantes néophytes envahissantes prioritaires du Parc Chasseral :
- Ailante
- Buddléi de David (arbre à papillons)
- Laurier-cerise
- Robinier faux-acacia
- Armoise des frère Verlot
- Berce du Caucase
- Bunias d'Orient
- Impatiente glanduleuse
- Renouée du Japon
- Solidage du Canada
- Vergerette annuelle









