Tornos « poursuit sa stratégie » selon la direction

Le directeur financier de Tornos, Bruno Edelmann, tente d’apporter quelques éléments d’explication ...
Tornos « poursuit sa stratégie » selon la direction

Le directeur financier de Tornos, Bruno Edelmann, tente d’apporter quelques éléments d’explication suite à l’annonce de plusieurs licenciements

Le site de Tornos à Moutier. Le site de Tornos à Moutier.

À première vue Tornos ne cache pas sa stratégie : celle de délocaliser la production de certaines pièces chez d’autres partenaires. Il y a 15 jours pourtant, le groupe annonçait une hausse des commandes de 65% et un bénéfice net de 300'000 francs sur le premier semestre 2017. Des chiffres qui tranchent avec la dizaine de licenciements annoncée sur le site de Moutier. « Ce sont deux choses différentes. C’est vrai nous avons fait un bénéfice, mais il faut préciser que l’économie va bien en ce moment. Or, Tornos doit aussi pouvoir faire des bénéfices quand l’économie ira moins bien. C’est pour cela que l’on poursuit notre stratégie de délocalisation mais cela reste dans la région et le site de Moutier continuera de produire les pièces clés », affirme le directeur financier de Tornos Bruno Edelmann.

 

Unia craint des mesures au compte-goutte

Mais selon plusieurs proches du dossier, c’est tout le département usinage qui serait petit à petit sous-traité. Le syndicat Unia redoute d’ailleurs une série de mesures au compte-gouttes pour éviter de lancer une procédure de licenciement collectif qui ferait trop de bruit. Selon Raphaël Bourquin, secrétaire syndical d’UNIA Transjurane responsable du secteur industrie, l'ambiance est tendue au sein de l'entreprise : « Nous voyons pas mal de personnes lors de nos permanences syndicales. Ce sont des gens qui sont quelque peu effarés par tout ce qui se passe et qui sont licenciés souvent après beaucoup d'années passées au sein de Tornos et qui s'identifient à l'usine. Ils ont du mal à avaler la pilule et c'est compréhensible ». Des salariés craignent également des délocalisations d’activité à l’étranger dans les pays de l’Est. « On ne communique pas sur ces rumeurs », se contente de répondre la direction. Une manière de ne pas démentir ? « On ne communique pas parce qu’il n’y a pas de définitif et rien à communiquer à ce propos-là », poursuit Bruno Edelmann.

 

Une production qui augmente, des effectifs en baisse

Pour l’heure le directeur financier affirme qu’il n’existe pas d’autres projets de licenciement. « Pour la suite on verra dans le futur », dit-il, une autre manière de botter en touche.  Mais la tendance de ces dernières années attise les craintes : la production a augmenté de deux tiers depuis 2012, mais les effectifs de Tornos ont, eux, diminué de plus de 20%. /jpi+emu


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