L’hôpital de Moutier n’a pas le choix, il doit s’adapter

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L’hôpital de Moutier n’a pas le choix, il doit s’adapter

L’hôpital de Moutier ne peut pas survivre sous sa forme actuelle et doit s’adapter aux nouvelles réalités du monde de la santé. Les dirigeants de l'HJB l'ont affirmé lundi soir devant un parterre d'élus du Jura bernois

Le conseil d'administration et la direction de l'Hôpital du Jura bernois ont informé lundi des élus de la région de l'état des réflexions concernant l'avenir du site de Moutier. (Image d'illustration) Le conseil d'administration et la direction de l'Hôpital du Jura bernois ont informé lundi des élus de la région de l'état des réflexions concernant l'avenir du site de Moutier. (Image d'illustration)

« S’adapter pour ne pas fermer » : c’est le titre de la présentation faite lundi soir par les dirigeants de l’Hôpital du Jura bernois à Tramelan. Ils se sont exprimés devant un parterre d’invités politiques. Parmi eux, le Conseil du Jura bernois, le Conseiller national Manfred Bühler, les députés bernois ou encore des représentants des communes de Moutier, St-Imier, Tavannes, Tramelan et Saicourt. Notre rédaction a pu obtenir un compte rendu de cette séance.

Dimension intercantonale nécessaire

Selon nos sources, les dirigeants de l’Hôpital du Jura bernois confirment que l’avenir du site de Moutier passera par le développement dans les trois à cinq ans d’un centre de compétence intercantonal dans le domaine de la santé mentale. Il est prévu de fermer l’actuel site de Bellelay et de regrouper les activités psychiatriques à Moutier. La forme du partenariat intercantonal reste à définir, mais la pression des coûts dans le domaine de la santé permet de dégager une certitude : l’hôpital de Moutier doit se spécialiser et travailler avec le canton du Jura pour survivre. Tous les francophones du canton de Berne ne suffiraient en effet pas à assurer la masse critique nécessaire à un service de santé mentale.

Nombreux services de proximité maintenus

Cette spécialisation ne signifiera pas une disparition de tous les autres services de proximité. L’Hôpital du Jura bernois prévoit le maintien à Moutier d’une policlinique et de consultations spécialisées, ainsi que de services de médecine interne, de dialyse, de chirurgie et de radiologie. Le projet fait en revanche l’impasse sur les urgences en continu. Elles seront assurées entre 6h et 22h. En dehors de ces horaires, le partenariat avec l’Hôpital du Jura permettra de rediriger les Prévôtois vers les urgences de Delémont. Le suivi des soins pourra ensuite être assuré à Moutier. La direction de l’établissement explique que cette évolution répond aux besoins actuels et permet de mieux répartir les forces. En ce qui concerne les soins aigus, les dirigeants espèrent une redistribution du côté de St-Imier, tout en précisant que le choix reviendra aux patients. Ce sont eux qui décideront du lieu où ils souhaitent être soignés. L’HJB précise aussi que le nombre de lits de soins aigus est appelé à diminuer dans tous les hôpitaux de Suisse.

Politiques appelés à soutenir le projet

La réunion de lundi soir avait aussi pour but de lancer un appel. Les dirigeants de l’HJB demandent aux milieux politiques régionaux de les soutenir dans ce projet et d’éviter les polémiques émotionnelles. Les critiques sont les bienvenues, pour autant qu’elles soient constructives et apportent leur pierre à l’édifice. Reste que pour le Conseil d’administration et la direction de l’hôpital, la solution d’hôpital intégré présentée est bonne et pertinente. Elle permettrait de garantir la rentabilité et la pérennité du site de Moutier pour les 20 ans à venir, et cela indépendamment des questions territoriales. A noter encore que l’Hôpital du Jura bernois présentera ses réflexions publiquement lors d’une conférence de presse prévue lundi prochain.

Déficit de 3 à 5 millions de francs annoncé

Lors de cette séance, l’Hôpital du Jura bernois a par ailleurs indiqué que ses comptes 2018 affichent un déficit pour la première fois depuis 2012. Cette perte de 3 à 5 millions de francs est à mettre en lien avec la restructuration et l’intégration du Réseau santé mentale. Les chiffres précis seront communiqués mi-juin, lors de l’assemblée générale de l’HJB. /ast


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