Aide sociale: politique bernoise critiquée

Une vingtaine d'organisations fédérales et cantonales s'insurgent contre les coupes prévues ...
Aide sociale: politique bernoise critiquée

Une vingtaine d'organisations fédérales et cantonales s'insurgent contre les coupes prévues dans l'aide sociale bernoise. Elles estiment que le canton s'en prend aux victimes de la pauvreté plutôt qu'à ses causes.

Pierre Alain Schnegg La politique menée par Pierre Alain Schnegg s'attire les critiques de 18 organisations fédérales et cantonales à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté

Le canton de Berne remet en question le principe de solidarité : c’est ce qu’affirment dix-huit organisations nationales et cantonales qui se sont exprimées mardi matin à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Pour elles, la politique menée par Pierre Alain Schnegg en matière d’aide sociale est contre-productive et manque totalement d’efficacité. Le Conseiller d’Etat de Champoz a pour but de rendre l’aide sociale moins attractive, notamment en diminuant les rentes de 10 % en moyenne. Les organisations déplorent que le canton de Berne s’en prenne aux victimes de la pauvreté plutôt qu’à ses causes.

 

S'inspirer des autres cantons

Pour Emilie Graff, co-secrétaire générale d’Avenir Social Suisse, « il faut lutter contre les discriminations, notamment celles liées à l’âge ». Elle ajoute que de nombreuses personnes âgées de plus de 55 ans se retrouvent à l’aide sociale parce qu’elles ne parviennent pas à se réinsérer sur le marché de l’emploi. « Il faut s’attaquer à des mesures qui ciblent le marché du travail ». En ce qui concerne les jeunes, Emilie Graff invite le canton de Berne à s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres cantons, notamment Vaud qui met en place des bourses pour la formation. Elle précise aussi que des programmes de prévention de la pauvreté ont fait leur preuve à Soleure, à Genève et au Tessin, avec des prestations complémentaires pour les familles.

 

« Les gens ne sont pas à l'aide sociale par manque de volonté »

En ce qui concerne le mot d’ordre de Pierre Alain Schnegg, qui est de rendre le travail plus attractif pour les personnes à l’aide sociale, Emilie Graff s’étonne d’un tel discours : « je tiens à dire à Monsieur Schnegg que ce n’est pas par manque de volonté que les personnes qui sont à l’aide sociale ne travaillent pas. Un tiers des personnes à l’aide sociale travaillent, ce sont les fameux working poor. Elles sont souvent à l’aide sociale parce que le marché du travail n’est plus adapté à des personnes qui ont des charges familiales ou qui sont en manque de formation ». Et de conclure qu’il vaut mieux miser sur la formation et la prévention de la pauvreté plutôt que de couper unilatéralement les montants de l’aide sociale.

 

Enfants et jeunes directement visés

Les organisations réunies mardi regrettent aussi que la politique bernoise en matière d’aide sociale s’attaque aussi directement aux enfants et aux jeunes, qui représentent un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale dans le canton. Les coupes prévues pourraient mettre un frein à des activités qui sont bénéfiques pour le développement des jeunes, comme des camps ou des activités extrascolaires. D’un point de vue général, les organisations redoutent aussi des retombées sur la santé des bénéficiaires qui verraient leurs prestations diminuer. Leur alimentation pourrait notamment s’en trouver affectée.

 

Sensibiliser le Grand Conseil

Le Grand Conseil bernois effectuera une première lecture de la révision de la loi sur l’aide sociale lors de sa séance de novembre. Les organisations représentées mardi à Berne espèrent que les députés prendront conscience des risques liés à ce texte. /ast


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