Les mennonites sont surtout surpris

Les excuses du canton de Berne envers les anabaptistes, exprimées d’une manière étonnante, ...
Les mennonites sont surtout surpris

Les excuses du canton de Berne envers les anabaptistes, exprimées d’une manière étonnante, sont accueillies avec circonspection par une partie de la communauté

Michel Ummel, un des responsables de la communauté mennonite du Mont Soleil, espère que cette demande de pardon préviendra les discriminions envers d’autres communautés religieuses aujourd’hui, notamment les musulmans. Michel Ummel, un des responsables de la communauté mennonite du Mont-Soleil, espère que cette demande de pardon préviendra les discriminions envers d’autres communautés religieuses aujourd’hui, notamment les musulmans.

Les excuses du canton de Berne envers les mennonites laissent une partie de la communauté un peu perplexe. La semaine dernière, le canton a annoncé que le conseiller d’Etat Christophe Neuhaus avait demandé pardon aux anabaptistes pour les persécutions infligées par l’Etat. Il l’a fait dans un discours lors de la nuit des religions le 11 novembre, mais sans que les principaux intéressés n’aient été informés. Deux semaines plus tard, les différentes communautés mennonites, qui regroupent environ 1200 membres dans la région et fonctionnent de manière décentralisée, doivent encore se concerter pour décider quoi répondre.

 

« Quand il y a pardon, en général il y a deux parties  »

Il faut dire que la manière a de quoi surprendre : les anabaptistes n’ont pas avertis ni été formellement invités à entendre cette demande de pardon, qui n’a pas été discutée en amont. Michel Ummel, un des responsables de la communauté mennonite du Mont-Soleil, salue la demande mais avec un bémol : « des relations pacifiées sont bonnes à prendre mais il faut que les deux parties se mettent à table pour en discuter. »

 

Maintenir une tension

Pour cet Ancien, l'équivalent de pasteur, les excuses reçues ne seront en tout cas pas porteuses d’un rapprochement entre l’église mennonite et le canton de Berne. Non « par hostilité, mais par clairvoyance : ce n’est jamais bon que les pouvoirs se mélangent ». Le service militaire par exemple, récemment revenu dans l’actualité par le découragement du service civil, est un facteur de désaccord profond.

 

Prévenir d’autres persécutions

D’un point de vue personnel, Michel Ummel accepte « la main qui est tendue » tout en attendant qu’elle débouche sur du concret. « Il y a d’autres communautés aujourd’hui qui sont menacées, par exemple les musulmans ». Alors le pardon pourra être accordé avec un véritable enthousiasme, peut-être lors de l’inauguration du chemin des anabaptistes  au printemps prochain à Berne. /sca


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