Le hêtre, facteur de multiplication des tiques

Une étude de l’Université de Neuchâtel démontre le lien entre la production de graines des ...
Le hêtre, facteur de multiplication des tiques

Une étude de l’Université de Neuchâtel démontre le lien entre la production de graines des hêtres et la quantité de tiques dans la montagne de Chaumont

Le hêtre joue un rôle dans la prolifération des tiques par sa production de graines, selon une étude de l'UniNe. (Photo: Michèle Kaennel Dobbertin, WSL) Le hêtre joue un rôle dans la prolifération des tiques par sa production de graines, selon une étude de l'UniNe. (Photo: Michèle Kaennel Dobbertin, WSL)

Le hêtre joue le rôle de multiplicateur de tiques. Une étude de l’Université de Neuchâtel a démontré, pour la première fois en Europe, le lien entre les deux éléments. Lorsque les hêtres produisent davantage de graines, les rongeurs qui s’en nourrissent sont également plus nombreux. Deux ans plus tard, ce sont les tiques infectées par la borréliose de Lyme qui augmentent parce que les larves se servent des rongeurs comme des hôtes.

Ces recherches, qui ont fait l’objet d'un article dans la revue scientifique Parasites and Vectors, peuvent avoir une portée prédictive. « Il y aura beaucoup de tiques si les hêtres ont produit beaucoup de graines deux ans auparavant », expliquent les auteurs.

Le constat est d'autant plus fort en période de flambée de production de graines, un phénomène appelé « masting ». Le passage entre une production de graines très basse et le niveau le plus élevé fait pratiquement doubler la densité de nymphes infectées.

Cette recherche s’appuie sur une vaste collection de 40'000 tiques, prélevées une fois par mois entre 2004 et 2018 dans la montagne de Chaumont. Cindy Bregnard, première auteure de l’article et doctorante au Laboratoire d'écologie et d'épidémiologie parasitaires de l’Université de Neuchâtel, a ainsi pu bénéficier du travail minutieux d’un de ses prédécesseurs pour puiser dans de multiples données. Cindy Bregnard :

Une collection de 40'000 tiques

Cette étude visait aussi à savoir si les changements climatiques avaient une influence sur le lieu d’installation des tiques, qui n’aiment pas avoir trop chaud. C’est la raison pour laquelle ces mesures ont été réalisées à quatre altitudes différentes. Cindy Bregnard, doctorante à l’Université de Neuchâtel :

Pas de migration des tiques vers les hauteurs

L’étude s’est focalisée sur les tiques infectées par la borréliose de Lyme, mais peut-on tirer des conclusions similaires pour l’encéphalite à tiques, autre maladie véhiculée par ces acariens ? Cindy Bregnard :

Conclusions valables pour l'encéphalite à tiques

Une première étude de l’Université de Neuchâtel avait montré que la densité de tiques a doublé en 15 ans dans la montagne de Chaumont. Il s’agit donc d’être vigilant et de penser à s’inspecter la peau après une balade en forêt, première protection contre les tiques et les maladies qu’elles transmettent, selon Cindy Bregnard. La Confédération recommande par ailleurs la vaccination contre l’encéphalite à tiques dans tout le pays, à l'exception de Genève et du Tessin. /sbe-vre-ATS


 

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