Coupes dans l'aide sociale confirmées par le parlement

La diminution de 8 % des forfaits d'entretien des bénéficiaires de l'aide sociale a été validée ...
Coupes dans l'aide sociale confirmées par le parlement

La diminution de 8 % des forfaits d'entretien des bénéficiaires de l'aide sociale a été validée à une courte majorité par le Grand Conseil bernois. La gauche lancera un référendum

 Les forfaits d'entretien des bénéficiaires de l'aide sociale vont diminuer d'au moins 8%.

Les prestations des bénéficiaires de l'aide sociale vont baisser dans le canton de Berne. Le Grand Conseil a adopté jeudi en deuxième lecture la révision de la Loi sur l'aide sociale. Le projet a été soutenu par 79 voix contre 63 et trois abstentions.

Les forfaits d'entretien vont globalement diminuer de 8 % par rapport aux barèmes de la Conférence suisse des institutions d'aide sociale (CSIAS). La baisse sera de 15% pour les jeunes de 18 à 25 ans et les personnes admises à titre provisoire. Elle atteindra même 30% pour ceux qui n'ont pas trouvé de travail, ne suivent pas de formation ou n'ont pas les connaissances linguistiques requises. Ces baisses supplémentaires ne devraient pas toucher les moins de 18 ans, les plus de 60 ans, les personnes élevant seules un enfant en bas âge et celles gravement atteintes dans leur santé.

 

Motiver les bénéficiaires à travailler

Pour le gouvernement et la majorité de la droite, ces mesures permettront de limiter la croissance des dépenses dans ce domaine, de rendre le travail plus attractif que l'aide sociale et de motiver davantage les bénéficiaires à s'en sortir.

Le conseiller d’État Pierre Alain Schnegg a rappelé la volonté du gouvernement d'utiliser une partie de l'argent ainsi économisé pour augmenter les suppléments d'intégration et soutenir de nouveaux projets de réinsertion. Le ministre de la santé et de la prévoyance sociale a indiqué qu'un groupe de travail avec les représentants de l'économie avait déjà été créé, afin de trouver des solutions pour mieux intégrer les bénéficiaires de l'aide sociale dans le monde du travail.

 

Risque d'augmenter la précarisation

Les socialistes, les verts, les verts'libéraux et le Parti évangélique se sont opposés à cette loi lors du vote final. Ils regrettent la remise en cause des normes intercantonales de la CSIAS, élaborées par des professionnels, et craignent l'instauration d'un tourisme social. Ils dénoncent également la volonté de faire des économies sur le dos des plus faibles sans remettre en cause le système. Pour la gauche, il est temps d'instaurer un salaire minimum afin d'éviter que des personnes qui travaillent ne gagnent pas assez pour vivre. Pour les verts'libéraux et le PEV, cette loi va surtout toucher les familles, les enfants et les personnes âgées, risquant ainsi de précariser encore davantage cette population. Selon eux, cette loi met la pression sur les bénéficiaires, mais ne les aide pas à s'en sortir.

Le gouvernement et une majorité de la droite voulaient, vu l'importance de cette révision, soumettre la loi au référendum obligatoire. Mais les 100 voix nécessaires n'ont pas été atteintes car la gauche s'est abstenue, déclarant qu'elle avait l'intention de descendre elle-même dans la rue pour récolter les signatures. Le peuple devrait donc avoir le dernier mot dans ce dossier. /mvr


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