Année de préparation professionnelle : 30% à la charge des communes

Le Conseil-exécutif veut que les communes cofinancent cette année passerelle, le maire de Bienne ...
Année de préparation professionnelle : 30% à la charge des communes

Le Conseil-exécutif veut que les communes cofinancent cette année passerelle, le maire de Bienne dénonce « une escroquerie »

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Les communes bernoises devraient à l’avenir participer au financement de l’année de préparation professionnelle. C’est la solution proposée par le Conseil-exécutif et présentée jeudi matin par la directrice de l’Instruction publique, Christine Häsler. Cette mesure fait partie du programme d'allégement 2018 adopté par le Grand Conseil. Elle devrait entraîner une modification de la loi sur la formation professionnelle qui devra encore être approuvée par le Grand Conseil. Mais cette réforme du financement de l’année de préparation professionnelle (APP) cristallise déjà les tensions, tout simplement parce que les économies voulues par les uns vont entraîner des charges supplémentaires pour les autres.

 

L’enjeu du financement de l’année de préparation professionnelle

L’APP, c’est cette année passerelle possible entre l’école obligatoire et la formation professionnelle. Elle est destinée aux élèves qui n’ont pas acquis la maturité nécessaire pour faire un choix professionnel, mais aussi et surtout aux jeunes réfugiés qui maîtrisent encore mal la langue et ont besoin de consolider leurs connaissances. Or, le nombre d'élèves de cette dernière catégorie « Pratique et intégration » (API) a récemment explosé avec l'augmentation de l'immigration. Le financement de l'APP représente donc un enjeu important car « si l’intégration des jeunes échoue, les coûts sociaux augmentent et doivent être financés par la compensation des charges » précise le Conseil-exécutif, un cas de figure que le canton veut éviter à tout prix. Du coup, l’exécutif propose que les communes paient 30% des salaires du corps enseignant tandis que le canton assume, lui, les 70% restant. Bilan de l’opération pour Berne : 10 millions de francs d’économie chaque année ! Le montage fait bondir les communes. Ce n’est pas juste aux yeux d’Erich Fehr, maire de Bienne et membre de l’association des communes bernoises.

Erich Fehr : « C’est presque de l’escroquerie ! »


« En 2002, la répartition des charges entre le canton et les communes a été introduite. L’année dont on parle ici a été mise à la charge du canton, et les communes avaient dû céder à l’époque l’équivalent de leurs recettes fiscales par rapport à ces coûts. On ne peut donc pas maintenant reporter une partie des charges sur les communes pour les faire payer une deuxième fois. C’est presque de l’escroquerie ! », s’indigne Erich Fehr. Pour la ville de Bienne, cela représente par exemple « entre 600’000 et 800’000 francs de charges supplémentaires par année » selon le maire.


Christine Häsler : « Ce n'est pas un grand problème pour les communes »

« On a trouvé des conditions pour que ce ne soit pas un grand problème pour les communes », rétorque la directrice de l'instruction publique en faisant référence au système de financement solidaire. Les communes payeront soit au pro rata du nombre d'élèves qui suivent une APP, soit en fonction du nombre d'habitants pour les jeunes réfugiés afin que celles qui comptent une forte proportion de migrants ne payent pas davantage que les autres.

Christine Häsler : « Je comprends les communes, mais... »

De son côté, le canton économise cet argent notamment pour financer les SwissSkills, le championnat de Suisse des métiers dont l’édition 2018 vient de s’achever à Berne. Une manifestation à succès qui offre une belle visibilité, tellement que le canton de St-Gall s’est porté candidat pour les organiser. « St-Gall est prêt à apporter une contribution financière supérieure à celle du canton de Berne », a révélé jeudi matin Christine Häsler. Selon elle, les milieux politiques et économiques bernois veulent que cette manifestation reste dans la capitale. La révision du financement de l'APP s’apparente donc aussi à un plan de sauvetage des SwissSkills à Berne. Mais l'association des communes entend bien combattre cette réforme devant le Grand Conseil. /jpi


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