Le budget bernois est sous toit

Le Grand Conseil bernois a adopté mardi le budget 2022 qui boucle sur un déficit de 88 millions ...
Le budget bernois est sous toit

Le Grand Conseil bernois a adopté mardi le budget 2022 qui boucle sur un déficit de 88 millions de francs. Seul le groupe socialiste s'y est opposé 

 Six heures de débats ont été nécessaires pour valider le budget 2022 du canton de Berne. (Photo : archives). Six heures de débats ont été nécessaires pour valider le budget 2022 du canton de Berne. (Photo : archives).

Le Grand Conseil bernois a accepté mardi le budget 2022 par 110 voix contre 37 et 5 abstentions. Ce dernier boucle sur un déficit de 88 millions de francs. Le résultat est meilleur que prévu grâce à l'augmentation des versements de la BNS et aux conséquences économiques moins graves que redoutées de la pandémie. La planification financière de l'année dernière tablait encore sur un excédent de charges de quelque 600 millions de francs. Malgré l'opposition du camp rose-vert lors du vote final, le budget 2022 a réuni la majorité nécessaire des trois cinquièmes pour respecter les deux freins à l'endettement inscrits dans la Constitution cantonale. Dans un premier temps, la majorité de la commission des finances avait demandé un compte équilibré alors que le projet de budget tablait encore sur un déficit de quelque 50 millions. Elle a retiré lundi sa proposition après l'ajout des dépenses pour lutter contre le Covid-19. 


Stabilité souhaitée

Lors des débats, la directrice des finances Beatrice Simon a répété qu'il était essentiel que le canton dispose d'un budget au début de l'année prochaine. Si tel n'avait pas été le cas, le gouvernement n'aurait pu engager que les dépenses indispensables. Le député biennois Mohamed Hamdaoui (Le Centre) partage cet avis. Selon lui, un refus aurait provoqué une nouvelle instabilité :

Mohamed Hamdaoui : « Un budget acceptable, surtout en temps de crise »

Lundi, la majorité bourgeoise avait refusé d'inscrire des mesures salariales supplémentaires en faveur du personnel des institutions de soins subventionnées. Elle estimait que le canton n'avait pas à anticiper les directives qui seront édictées sur le plan fédéral après l'acceptation de l'initiative sur les soins. Pour la gauche, le personnel soignant méritait davantage que des applaudissements. Ce refus en faveur d'une amélioration des conditions de travail a suscité la colère du camp socialiste et explique son refus du budget, comme l'explique la députée PSA Maurane Riesen : 

Maurane Riesen : « Il y avait un besoin urgent d’améliorer la situation »

Pas de hausse de la fiscalité

Le Grand Conseil a refusé de combler ce déficit budgétaire par une hausse de la fiscalité, rejetant par 98 voix contre 57 une proposition émanant de la gauche. La majorité bourgeoise n'a pas non plus voulu d'une hausse limitée à une année de l'imposition des personnes morales au titre d'une contribution de solidarité. Mais les députés ont aussi écarté l'idée d'inscrire une baisse de la fiscalité des personnes physiques et morales à partir du budget 2023. Cette déclaration de planification a été rejetée par 82 voix contre 69. Une position que défend l'élu PLR de Bienne Pierre-Yves Grivel, qui rappelle que le Grand Conseil a décidé l'an dernier de baisser les impôts :

Pierre-Yves Grivel : « Nous avons pris une décision l’an dernier. Il faut s’y tenir »

La lecture est évidemment différente dans le camp socialiste. Pas de cadeaux fiscaux en période de crise, ont scandé pluisieurs députés. La socialiste de Malleray Sandra Roulet Romy regrette la décision de la majorité bourgeoise : 

Sandra Roulet Romy : « Difficilement acceptable de ne pas rehausser ces impôts »

Les députés ont donc suivi la position défendue par la directrice des finances. La conseillère d'Etat Beatrice Simon les avait invités à ne pas trop s'écarter du projet de budget et de privilégier en ces temps incertains des conditions stables. /ATS-oza


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