Le girobroyage, une pratique problématique ?

Le Grand Conseil s'est penché mercredi sur la technique, qui consiste à broyer mécaniquement ...
Le girobroyage, une pratique problématique ?

Le Grand Conseil s'est penché mercredi sur la technique, qui consiste à broyer mécaniquement la première couche du sol. Les Verts ont demandé de réfléchir à un meilleur contrôle de la pratique

La Commission des pâturages boisés a pour tâche de préaviser les demandes de girobroyage, lesquelles sont réglementées dans le canton de Berne. (Photo : archives). La Commission des pâturages boisés a pour tâche de préaviser les demandes de girobroyage, lesquelles sont réglementées dans le canton de Berne. (Photo : archives).

Le girobroyage au coeur des débats mercredi après-midi au Grand Conseil. La technique consiste à broyer mécaniquement la première couche du sol, par exemple pour aplanir, éliminer les pierres ou les souches. Elle est autorisée dans le canton de Berne, mais elle nécessite l’octroi d’un permis de construire pour son utilisation sur de grandes surfaces. Le problème, c'est que des abus ont été constatés, d'où un postulat déposé par les Verts. Le parti demandait simplement d’analyser et d’évaluer la situation en vue d’une amélioration. Pour les auteurs du postulat, il s’agit d’analyser l’impact du girobroyage sur la biodiversité, d’évaluer un cadre légal plus restrictif, éventuellement de définir des sanctions pour les contrevenants. « Beaucoup d’infractions sont commises, des permis de construire ne sont parfois pas demandés. Le girobroyage détruit le milieu naturel, il n’y a donc pas de compensations possibles », avertissent les Verts. La députée de Tramelan Moussia de Watteville s’est penchée sur la situation dans le Jura bernois. La division forestière fait état de seize cas de girobroyage entre 2011 et 2015 où aucune demande de permis n’a été faite et où le permis n’aurait pas été accordé. Les compensations réalisées pour ces abus sont rares selon elle. Et sans sanction efficace, les risques qu’encourt un exploitant fautif restent négligeables. 


Un cadre légal suffisant 

Le canton reconnaît que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Mercredi, plusieurs agriculteurs sont montés au créneau à la tribune. Pour Tom Gerber, du Parti évangélique,  le girobroyage ne semble pas être favorable à la biodiversité à première vue, mais il a quand même son utilité. L'élu de Reconvilier explique que le bois a longtemps été sous-exploité dans les pâturages jurassiens. Il ajoute que pour retrouver un juste équilibre au sens de la biodiversité, il faut rendre certaines surfaces boisées aux pâturages. « A cette fin, le girobroyage sur de petites parcelles est quasiment le seul moyen ». L’UDC Etienne Klopfenstein, membre de la commission des pâturages boisés du Jura bernois, s'est aussi exprimé. C’est précisément cette commission qui préavise les demandes de girobroyage. Elle anime aussi des ateliers pour sensibiliser les propriétaires de pâturages boisés. Selon le député de Corgémont, le cadre légal est défini, les cas d’abus sont pratiquement inexistants, et s’il y en a, il est possible de les sanctionner. Au final, le postulat a été accepté largement par 96 voix contre 46 et une abstention, mais le Grand Conseil a décidé de le classer dans la foulée. Il considère que l’évaluation de la situation est déjà réalisée. /oza


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